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E-commerce : comment minimiser votre impact environnemental

1 oct. 2020 09:14:00

Le succès du e-commerce n’est plus à démontrer. Les consommateurs multiplient les commandes en ligne et ce sont chaque jour des millions de colis qui quittent les plateformes logistiques à destination des acheteurs.

Si ce succès a de quoi réjouir les e-commerçants, il n’est pas sans conséquence pour l’environnement. Colis envoyés à moitié vide, pollution liée aux transports, consommation énergétique…

L’empreinte  environnementale du e-commerce se révèle très préoccupant. Comme nous allons le voir dans cet article, il existe heureusement des solutions pour minimiser cet impact.

Le e-commerce : quel impact environnemental ?

Prenez connaissance de notre étude sur l'économie de l'espace vide

Lorsque l’on pense à la vente à distance , on constate bien souvent ses multiples atouts : pouvoir tout acheter ou presque partout dans le monde, à des prix attractifs et avec des services pratiques.

Pourtant, cette véritable révolution du commerce, si elle profite au plus grand nombre, pose tout de même un réel problème du point de vue environnemental. L’empreinte carbone qui en découle, de la navigation sur les sites web à la livraison, en passant par les déchets générés, est immense.

Il ne s’agit pas ici de pointer du doigt le e-commerce en tant que tel : comme tous les secteurs d’activités, il est à présent confronté à sa responsabilité environnementale.

Il s’agit avant tout de s’interroger sur les pratiques actuelles pour trouver des solutions qui permettent la poursuite des activités tout en réduisant leur empreinte écologique.

L’impact du e-commerce sur l’environnement est multifactoriel :

  • La production et la manufacture des produits commandés : les e-commerçants n’ont pas systématiquement une vue complète sur la production des produits qu’ils vendent. Certains produits peuvent exploiter des matières non renouvelables, être fabriqués dans des conditions nocives pour l’environnement, etc.

 

  • Les serveurs hébergeant les sites e-commerce et les navigateurs impliquent une consommation énergétique importante. Ces serveurs sont par nature énergivores : ils fonctionnent en permanence et doivent également être refroidis en continu pour éviter la surchauffe.
    Les hébergeurs produisent ainsi de nombreux gaz à effet de serre. Quant à la navigation sur Internet côté clients, elle représente près de la moitié des gaz à effet de serre produits lors du processus d’achat en ligne. 

 

  • Le transport des marchandises contribue à augmenter l’effet de serre. Il y a toujours plus de colis à livrer, toujours plus loin et toujours plus vite. La livraison à domicile est l’option la plus souvent choisie par les consommateurs.
    La livraison en points relais ou bureaux de poste est aussi très utilisée, notamment parce qu’elle permet généralement une réduction sur les frais de livraison, voire la gratuité, en plus de délais plus rapides (parfois en moins de 24 heures). Dans tous les cas, la multiplication des livraisons pèse lourd sur l’empreinte carbone des entreprises.
    On estime qu’un véhicule sur cinq roulant dans Paris transporte des colis à livrer. Plus globalement, en ville, les livraisons de colis représentent 25 % des émissions de CO2 (source : Wattvalue).

 

  • Les emballages utilisés sont également une source de pollution : colis trop grands pour le produit, emballages non écologiques… Là encore, l’impact sur l’environnement est bien plus grand qu’on ne l’imagine.
    Une étude réalisée par Axios révèle que les émissions de gaz à effet de serre générées par les transporteurs tels que FedEx, UPS et USPS en 2017 sont équivalentes à celles que produiraient en une seule année 7 millions de voitures.
    Ce chiffre doit être mis en perspective avec un autre : selon une étude DS Smith, 43 % du volume transporté dans le cadre du e-commerce est en réalité vide.
    Cela représente l’équivalent de 2 milliards de colis commandés chaque année en Europe. Cette pollution massive occasionnée par le transport du vide pourrait être radicalement  réduite si les colis et emballages étaient mieux adaptés aux produits qu’ils contiennent.

 

Pourtant la vente en ligne  n’a pas que des effets négatifs sur l’environnement. Il peut aussi avoir des conséquences positives :

 

  • La livraison à domicile est bénéfique : un camion livrant des colis est moins polluant qu’un grand nombre de consommateurs utilisant leur voiture pour aller acheter des produits à des boutiques physiques. 

 

  • Le stockage des produits se fait en entrepôt : ce qui nécessite moins d’énergie qu’en magasin (moins d’éclairage ou de chauffage nécessaire).

 

  • Il encourage le recyclage et évite le gaspillage, contrairement aux croyances : renvoyer des produits est une procédure fastidieuse, beaucoup de consommateurs renoncent ainsi à un achat s’ils ne sont pas certains d’être satisfaits, ou préfèrent revendre à des particuliers les produits non satisfaisants plutôt que de les retourner.

 

Comment allier une solution e-commerce avec  durabilité ?

 

Le e-commerce représente une source de pollution importante, mais il existe heureusement des solutions environnementales pour réduire l’empreinte carbone des achats en ligne.

En devenant plus écoresponsables, les e-commerçants font un geste fort pour le développement durable et se rapprochent des attentes des consommateurs. En effet, ces derniers sont de plus en plus sensibles aux questions liées à l’écologie. Voici les pistes à privilégier pour obtenir une réduction de l’impact environnemental du commerce en ligne.

 

Choisir un mode de livraison écoresponsable

 

Plusieurs solutions peuvent être envisagées pour proposer des livraisons responsables. Par exemple : 

  • Mettre en avant la livraison en point relais. Elle nécessite beaucoup moins d’arrêts côté transporteurs, ce qui permet de limiter la pollution. 

 

  • Ne pas assurer de livraison express, ou bien la proposer à des tarifs plus élevés. Si un consommateur a réellement besoin d’être livré en 24 heures, il sera prêt à payer ce supplément. Les autres se tourneront naturellement vers des modes de livraison classiques. 

 

  • Sensibiliser les consommateurs pour les rendre plus écoresponsables : la sensibilisation est également une piste à privilégier. Indiquez aux consommateurs quels modes de livraison sont les moins polluants, ils seront ainsi mieux informés et pourront choisir en conscience. 

 

  • Inciter les clients à commander les produits en lot, lorsque c’est pertinent, afin de limiter les envois. On pourra aussi citer en exemple Amazon pour son efficacité énergétique.
    Lors d’une commande incluant plusieurs articles provenant de fournisseurs différents, l’enseigne propose aux clients de choisir entre deux solutions : être livré au plus vite pour chaque produit, ou attendre que tous les produits soient disponibles pour ne faire qu’un seul envoi.
    Cela implique des délais de livraison plus longs, mais cela permet de réduire l’empreinte carbone des envois. De plus, une réduction sur les frais de livraison est parfois offerte pour les clients qui acceptent de patienter quelques jours de plus.

 

Opter pour des emballages écologiques ou recyclables

 

Comme nous l’avons vu précédemment, les emballages représentent eux aussi une source potentielle forte de pollution. Il existe cependant des solutions pour réduire l’impact environnemental :

 

  • Adapter les emballages et colis au plus près des produits : cela permet d’éviter la pollution résultant du transport du vide. Les transporteurs peuvent contenir plus de colis à la fois et cela génère également moins de déchets.

 

  • Limiter les emballages : certains e-commerçants expédient les produits directement dans leur emballage d’origine, sans surcouche de protection supplémentaire. Cette solution ne conviendra pas à tous les articles, mais elle reste envisageable dans la plupart des cas. Vous pouvez imposer ce choix aux clients, mais il est préférable de leur proposer sous forme d’option.

 

  • Opter pour l’éco-emballage : cela consiste à choisir des packagings plus respectueux de l’environnement. Ils utilisent des matières recyclées, recyclables ou biodégradables. 

 

Optimiser l’utilisation des serveurs et choisir un serveur informatique écoresponsable

 

Pour limiter l’empreinte carbone du e-commerce, il est possible de favoriser des datacenters et hébergeurs écoresponsables. Ils permettent de limiter la consommation énergétique grâce à un refroidissement par des méthodes naturelles. C’est une piste à envisager pour les e-commerçants qui recherchent une compensation carbone à leur activité.

 

Proposer des produits respectueux de l’environnement

 

Le choix des produits proposés sur une boutique e-commerce représente également les valeurs de l’entreprise. Selon le commerçant concerné et son business model, il n’est pas toujours possible de vendre uniquement des produits moins nocifs pour l’environnement.

Il peut, cela dit, être tout de même possible d’en ajouter au catalogue et de les mettre en avant. Ces produits peuvent aussi être proposés en suggestions d’alternatives écologiques lorsque les clients consultent une fiche produit.

 

Éviter les retours

De nombreux sites marchands , même parmi les plus réputés, publient des fiches produits aux informations incomplètes. C’est pourtant primordial pour limiter les retours.

Certains sites l’ont bien compris et multiplient les bonnes idées, notamment dans l’habillement : ils proposent de nombreux visuels des articles, parfois sous forme de mini vidéo pour voir l’habit porté et en mouvement.

L’article peut aussi être présenté sous différents éclairages, pour mieux apprécier le coloris. Ils indiquent également comment taille réellement l’article ou encore quelle taille est portée par le mannequin, ainsi que ses mensurations.

Ces différentes propositions aident le client à mieux visualiser le produit, à choisir la bonne taille et à se projeter en train de le porter : autant d’éléments qui concourent à éviter les retours.

 

Répondre aux attentes des consommateurs

 

Les consommateurs peuvent représenter un paradoxe pour les e-commerçants. Ils se montrent de plus en plus exigeants : les sites doivent offrir la meilleure expérience possible, les livraisons doivent être rapides, les prix toujours plus attractifs et les retours ou échanges simplifiés.

Mais les consommateurs sont également très préoccupés par l’environnement, ce qui peut sembler être en contradiction avec leurs attentes sur les services. En adoptant des changements bénéfiques pour la planète, vous répondez à leur demande. C’est un élément à mettre en avant dans vos communications.

 

Réduire l’impact environnemental de l’entreprise peut entraîner des coûts supplémentaires qui pourraient être répercutés sur les tarifs, ou occasionner une limitation de certains services appréciés des consommateurs. Il est donc essentiel de bien communiquer autour de ces changements.

Cela permet de rassurer les consommateurs, de les sensibiliser et d’attirer une nouvelle clientèle en recherche d’entreprises plus écoresponsables.

Devenir plus écoresponsable est un enjeu essentiel pour préserver la planète, mais c’est avant tout un investissement : si cela implique des dépenses supplémentaires à court terme, c’est aussi une source d’économies à long terme.

 

Le e-commerce présente un nombre d’avantages indéniables pour les consommateurs, comme le démontre son succès toujours plus grand. Pourtant, cela ne doit pas faire oublier l’impact écologique massif qui en découle.

Les e-commerçants ont tout intérêt à se montre plus écoresponsable, non seulement pour contribuer à réduire leur empreinte carbone, mais également pour satisfaire les consommateurs sensibilisés à l’écologie.

En adoptant des pratiques plus responsables, ils montrent l’exemple et agissent concrètement pour la sauvegarde de l’environnement.

Prenez connaissance de notre étude sur l'économie de l'espace du vide

DS Smith Team

Écrit par DS Smith Team