Emballages : comment s’adapter à la loi de transition énergétique et trouver des alternatives ?

La loi sur la transition énergétique et la croissance verte (LTECV) du 17 août 2015 a pour objectif de préserver l’environnement, lutter contre le dérèglement climatique et renforcer l’indépendance énergétique de la France. Si elle est bénéfique, elle entraîne tout de même des conséquences importantes pour les entreprises.

L’une des mesures phares de cette loi est celle sur la lutte contre les gaspillages et la promotion de l’économie circulaire. De cette mesure résulte notamment la suppression des sacs plastiques à usage unique qui a fait grand bruit. Dans cet article, nous vous faisons un point sur les principales mesures de cette loi et les alternatives possibles pour vous adapter à la transition écologique. 

LES PRINCIPALES MESURES DE LA LOI DE TRANSITION

Chaque année, l’Europe produit plusieurs dizaines de millions de déchets. À cela s’ajoutent les gaz à effet de serre et la consommation énergétique. L’impact sur l’environnement est massif : les citoyens, comme les politiques, se montrent de plus en plus préoccupés par la pollution sous toutes ses formes.

Une véritable conscience environnementale émerge ainsi depuis plusieurs années. Les textes de loi se succèdent, notamment pour la réduction des déchets avec la mise en place du tri sélectif.

Les entreprises sont également sommées de remplacer le plastique autant que possible par des emballages biodégradables, recyclables ou simplement moins polluants. L’emballage plastique à usage unique se voit quant à lui destiné à disparaître.

La loi sur la transition énergétique et la croissance verte (LTECV) du 17 août 2015 a été pensée en réaction à la raréfaction de certaines ressources comme le pétrole, ainsi qu’aux préoccupations environnementales qui ne peuvent plus être ignorées. Elle concerne tout autant les citoyens que les entreprises, les territoires et l’État.

La LTECV vise de nombreux objectifs, parmi lesquels :

  • Réduire les émissions de gaz à effet de serre,
  • Réduire la consommation énergétique et la quantité de déchets ;
  • Renforcer l’indépendance énergétique de la France ;
  • Lutter contre la précarité énergétique.

Pour y parvenir, elle envisage entre autres un volet spécifique sur la lutte contre les gaspillages et la promotion de l’économie circulaire. Cette mesure prévoit notamment :

  • L’interdiction des plastiques à usage unique : sacs, vaisselle jetable, bouteilles...carL’interdiction des boîtes en polystyrène expansé ;
  • L’interdiction de faire du suremballage plastique pour les fruits et légumes frais de moins de 1,5 kg ;
  • Une meilleure information des consommateurs ;
  • La lutte contre le gaspillage, en particulier alimentaire ;
  • Une meilleure production, notamment via l’économie circulaire et le développement durable ;
  • L’amélioration du tri : sélection à la source des déchets alimentaires, mais aussi de tous les emballages plastiques...
  • La fin de l’obsolescence programmée, souvent dénoncée par les consommateurs et les associations, car elle oblige à remplacer régulièrement des produits qui devraient pouvoir durer plus longtemps ;
  • La mise en place de la tarification incitative qui permettra à chacun de payer la gestion de ses déchets selon la quantité produite.

 

La loi sur la transition énergétique pour la croissance verte devrait ainsi avoir des impacts bénéfiques sur l’environnement, grâce à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et des déchets. Elle devrait également permettre de créer de nombreux emplois. Un autre axe majeur est de préparer la France à l’après-pétrole.

Une large partie de l’énergie consommée actuellement provient des ressources fossiles. En plus d’être polluant et coûteux, le pétrole tend à se raréfier. Limiter l’usage de ce dernier aura bien sûr un impact positif sur l’environnement, mais outre cet aspect, se tourner vers des énergies plus vertes devient indispensable : les prix du pétrole s’envolent à mesure que cette ressource s’épuise.

Les entreprises vont devoir s’adapter à ces changements et trouver des alternatives pour conserver leur performance énergétique. Si elles ne respectent pas les interdictions prévues dans le cadre de la LTECV, elles s’exposent à des sanctions administratives et/ou pénales.

 

COMMENT PROCÉDER AU CHANGEMENT ?

 

TROUVER DES ALTERNATIVES POUR REMPLACER LE PLASTIQUE

 

Toutes les entreprises et industries concernées par les emballages vont devoir procéder à des changements pour poursuivre leur activité tout en respectant la LTECV. Deux pistes principales doivent être explorées. La première est de supprimer ou réduire les emballages jetables et/ou en plastique.

Pour cela, il est possible de proposer des emballages mieux adaptés aux produits, ou de jouer sur les designs pour limiter la surface du conditionnement. Des alternatives peuvent également être trouvées via l’innovation : par exemple, en produisant des emballages réutilisables.

La seconde piste à explorer est d’utiliser des produits de substitution. Il existe notamment différentes alternatives au sac plastique traditionnel. En voici plusieurs :

  • Sacs biodégradables et compostables ;
  • Sacs papier ;
  • Sacs plastiques réutilisables ;
  • Sacs réutilisables autres que plastiques...

Plus largement, d’autres alternatives de matériaux peuvent être trouvées :

  • Le carton ;
  • Le bois ;
  • Le bambou ;
  • L’amidon végétal ;
  • La bagasse ;
  • La cire d’abeille ;
  • La canne à sucre ;
  • Les algues...

En réalité, les alternatives sont nombreuses. Pour bien choisir, il faut avant tout tenir compte de la fonction de l’emballage. Par exemple, s’il concerne des produits alimentaires, il devra répondre à des normes spécifiques pour garantir un certain niveau de qualité.

C’est bien souvent la difficulté rencontrée par les industriels qui cherchent à remplacer le plastique, une matière qui possède des atouts difficiles à retrouver ailleurs. Les bioplastiques, mais aussi les biomatériaux (comme la fécule de pomme de terre utilisée pour fabriquer des sacs compostables) peuvent représenter ici une alternative intéressante.

Le second critère à prendre en compte est l’origine des matières premières et la manière dont elles sont produites. Ainsi, si l’on prend l’exemple du carton, du papier ou du bois, il faudra privilégier des matériaux recyclés ou issus de forêts gérées durablement. Au-delà du simple emballage, c’est toute la chaîne de production qui doit être interrogée.

DEVENIR UNE ENTREPRISE ÉCORESPONSABLE

 

D’autres questions doivent être envisagées pour s’adapter aux changements :

  • Le choix des fournisseurs et prestataires : prioriser l’économie locale est recommandé, puisque c’est un moyen de limiter l’impact écologique.
  • Utiliser des emballages mieux adaptés : beaucoup de produits ne sont pas conditionnés de manière optimale. Des espaces vides inutiles sont laissés, ou bien comblés par l’ajout d’autres matériaux superflus.
  • Repenser les packagings : notamment pour éviter le sur-emballage.

 

Il ne s’agit pas seulement de remplacer le plastique ou de produire des emballages moins polluants, il est nécessaire de devenir véritablement une entreprise éco-responsable.

C’est l’occasion d’adopter une démarche d’éco-conception : cela consiste à intégrer les questions environnementales à chaque étape du cycle de vie d’un produit ou service, de l’extraction des matières premières jusqu’au recyclage ou à la destruction de l’article. Vous vous assurez ainsi que vos actions sont le moins nocives possible pour l’environnement.

 

Devenir plus éco-responsable, c’est également une opportunité pour mettre en œuvre une vraie politique RSE (responsabilité sociétale des entreprises). Là encore, cela implique plusieurs axes de travail, parmi lesquels :

  • Mesurer l’impact environnemental de l’entreprise ;
  • Garantir des conditions de travail respectueuses de l’intégrité et de la santé des salariés ; 
  • Utiliser des technologies plus propres ;
  • Favoriser la diversité ;
  • Privilégier l’emploi local…

 

DES BÉNÉFICES POUR L’ENVIRONNEMENT, MAIS AUSSI POUR L’ENTREPRISE

 

Tous ces changements peuvent sembler inquiétants, que l’on se concentre uniquement sur la création d’un emballage éco-responsable ou que l’on décide de s’attaquer à l’ensemble de la chaîne de production et à tous ses acteurs.

Ces changements nécessitent une véritable réorganisation, du temps, des investissements financiers et beaucoup de communication en interne pour faire appliquer et respecter les décisions.

 

Pourtant, outre les aspects obligatoires de la LTECV, comme la suppression des emballages plastiques à usage unique, c’est également une opportunité à saisir. Ces changements correspondent aux nouveaux besoins des consommateurs.

Ces derniers sont à la recherche de produits plus sains, plus écologiques, avec un impact réduit tant sur la nature que la biodiversité. Adopter une démarche éco-responsable représente donc un atout marketing à ne pas négliger.

En mettant en avant vos emballages éco-responsables et vos bonnes pratiques pour l’environnement, vous pouvez ainsi améliorer votre image de marque, gagner de nouveaux clients et augmenter votre chiffre d’affaires.

Les designs des emballages et packagings peuvent par exemple être repensés pour communiquer autour de vos engagements (couleurs, logos…).

C’est un élément différenciant en rayon et qui attire les consommateurs. Les entreprises qui ont décidé de mettre en place des actions pour préserver l’environnement, et qui ont communiqué sur ce sujet, ont ainsi observé de nombreux bénéfices à moyen et long terme.

CONCLUSION

La loi sur la transition énergétique et la croissance verte (LTECV) oblige les entreprises à modifier leurs pratiques pour adopter une démarche plus écoresponsable. La suppression du plastique à usage unique, et plus globalement des emballages trop polluants, implique de trouver des alternatives. Heureusement, il existe des solutions intéressantes.

Ces changements nécessaires permettent de répondre aux nouveaux enjeux écologiques, mais aussi aux attentes des consommateurs. Ils peuvent ainsi être considérés comme un investissement sur le futur, un moyen d’assurer la pérennité de votre entreprise.